Cette semaine se passe comme prévue à sélectionner une gamme de pigments pour la peinture pour meubles. Ayant en stock quelques ocres de différentes couleurs j'ai bien évidemment fait mes premiers échantillons avec cette matière tout à fait cohérente avec la philosophie de cette peinture 100% naturelle.

La où le bas blesse c'est au niveau des fournisseurs ! Depuis que les ocres sont à la mode pour les peintures murales à la chaux, le prix des ocres à augmenté, marketing oblige, d'une façon que l'on qualifiera élégamment de "plus que sensible" !

L'ocre naturel n'étant jamais qu'un argile coloré par de l'oxyde de fer (Fe2O3), le plus simple est de jouer les apprentis sorciers et de recréer en quelques heures ce que la nature à réalisé en quelques milliers (millions ?) d'années. Bref je teste cette semaine différentes solutions qui vont du simple mélange de deux ou trois argiles avec de d'oxyde de fer à la fabrication pure et simple de l'oxyde par précipitation d'un sulfate ferreux purifié en présence de noyaux de goethite.

Au vu des résultats obtenus et du temps passé à contrôler le processus, il n'y a aucun intérêt (tout au moins pour les volumes prévus dans les premiers mois), à se lancer dans la fabrication de l'oxyde !

Adieu la fabrication de pigments ? Peut-être pas ! Car si la gamme des oxydes de fer va du jaune au rouge plus le noir, il manque ... le bleu ! Comme il est hors de question d'utiliser un oxyde de métal lourd (cobalt en l'occurence) ou un composé toxique il ne reste plus comme choix qu'un produit chimique (Phtalocyanine) ou un composé de minéraux naturels comme le bleu outremer (silico aluminate de sodium). Si vous avez suivi les précédents billets vous saurez mon choix !

Ayant prévu d'acheter un four dans quelques temps j'avoue que je suis assez tenté pour fabriquer ce pigment ainsi par la même occasion que du bleu égyptien (en partant de l'analyse chimique réalisée par le CNRS sur des peintures d'époque).

Mais avant il reste encore un détail ... les emballages. J'aurais aimé, comme annoncé dans le précédent billet, retenir un emballage sous sachet kraft, mais à la réflexion ce n'est peut-être pas prudent. Il vaudrait mieux retenir une solution totalement étanche et protégeant la caséine de l'humidité. Retour donc vers le sachet en polyéthylène, voire le complexe papier/aluminium/polyéthylène.

A suivre ...